vendredi 21 octobre 2011

C'est Moi le Roi ! de Daniela Cytryn et Gilles Bizouerne.

Comme il est agréable de pouvoir lire une histoire à haute voix sans qu'il n'y ait d'anicroche ni de rupture de rythme ! Le conte de Gilles Bizouerne s'y prête à merveille d'autant que la collection "Petits Contes du Tapis" est conçue pour être lue aux enfants.

Sur le principe du kamishibai.

Un moucheron va provoquer le lion, le titille tant et si bien que ce dernier abandonne sa couronne. Le moucheron, tout fiérot, fanfaronne au bord de l'eau quand soudain un poisson... le dévore.
Ah ! Gilles Bizouerne ne fait pas dans la dentelle ! Moucheron, poisson, pêcheur, ça dégomme à tout va ! Sans pitié ni remord ! Attention ! Tout conte a sa morale. Et celle-ci apaisera les angoisses et saura rassurer les petits qui ont besoin d'ordre et de repères : le roi a des faiblesses mais il reste le roi.

Le temps de l'adolescence et de la révolte viendra bien assez vite pour accepter ce postulat... d'autant qu'une écoute approfondie peut laisser entrevoir d'autres interprétations.
Qui est vraiment le lion ? L'enfant ou l'adulte référent ? Un méchant ou un gentil ? Qui est vraiment le plus fort, le lion ou le moucheron ? L'ordre est-il juste ? Y a-t-il une morale ? Beaucoup de questions aux réponses multiples, beaucoup de questions sans réelles réponses ou un début de philosophie...

Les doux dessins de Daniela Cytryn, quant à eux, suggèrent la violence sans jamais la montrer. Ils capturent les angoisses vespérales dans des pages irriguées par les couleurs du crépuscule.
Les têtes  rentrées dans les épaules, les enfants écarquillent les mirettes.
C'est la peur et le geste arrêté, figé. C'est la nature qui, elle, autour, est apaisante. Le calme est là, tout proche, enveloppant, rassurant.

Curieux mélange que l'équilibre du monde !
Des hauts, des bas. Le bien, le mal.
                                           C'est la vie, toute la richesse des contes.

C'est Moi le Roi ! de Daniela Cytryn et de Gilles Bizouerne
aux éditions du Seuil, 2010.

Ce n'est qu'un Début, un documentaire de Jean-Pierre Pozzi et de Pierre Barougier sur un atelier de "philosophie" en classe de maternelle.

- Monsieur -

vendredi 14 octobre 2011

Chez la marchande.

Devant, derrière ou le contraire.

- Ici, vous avez le coffret Yes we cook qui se compose d'un bidon pour le ketchup, d'un bidon pour la moutarde, d'un distributeur à serviette et d'un livre de 50 recettes !
                    - Et quand on a déjà le livre ?

Le coffret Yes we cook de Julie Schwob aux éditions Mango, 2011.
En vente en librairie mais ailleurs aussi.

- un vieux con que toute cette came énerve. -

lundi 10 octobre 2011

La Fume


" Une bouffée d'air frais, d'espoir, déculpabilisante, qui donnera du grain à moudre à tous les "accros" à quoi que ce soit. "
La Fume de Robert Molimard, ouvrage paru aux éditions Sides en 2003.


" [...] une bouffée d'air frais aux - accrocs - de la cigarette."
La Fume de Robert Molimard, éditions De Borée, 2011.

Nous ne pourrons pas reprocher à De Borée un manque de correction...

Désolés pour la piètre qualité de ces deux photos : disons que c'est un accro-c à notre promesse de 2010.

- Monsieur -

mercredi 5 octobre 2011

Princesses

Que des éditeurs commettent ce genre de farce, de sous-produit Disney, passe encore. Je ne suis pas juriste et les avocats de la World Company sont suffisamment aguerris en matière de procès pour réagir si besoin est.












Par contre que des libraires placent ces cahiers de coloriage dans leurs magasins, cela frise l'escroquerie intellectuelle, l'irresponsabilité du boutiquier !

Même si ce n'est que de la papeterie (il en est de qualité) et que cela vaut les gadgets de Larousse dans le coffret La Police mène l'enquête, le premier boulot du libraire serait de faire un tri, une sélection qui serait gage de confiance.


Les clés et les massenottes ne résisteront pas
à la brutalité d'une intervention enfantine.

Que ceux-là n'aillent pas se plaindre de voir la clientèle leur préférer les grandes surfaces !

Les coloriages Princesses ne sont pas signés.
Si vous en achetez, faites-le en connaissance de cause car vos enfants, eux, ne s'y tromperont pas : ce n'est pas du Disney.

Ces cahiers se déclinent en 4 tomes mais certains modèles dessinés se retrouvent d'un exemplaire à l'autre.
Ils sont édités par les éditions Susaeta dans la collection P'tit loup pour un dépôt légal de 2011.

- Monsieur -

samedi 1 octobre 2011

Coup de gueule !

Le 29 septembre 2011, la dernière page de Libération  a été consacrée au rappeur Orelsan.

Portrait par Éric Loret :
" Il a de longs doigts minces. Eu égard à sa taille, pas très grande. Des yeux de Normand brun, si l’on compare avec tous les Normands bruns qu’on connaît : à savoir, légèrement rapprochés, petits et noirs, difficiles à percer. "

Remplissage, me direz-vous !

En quelques lignes mal écrites, le journaliste se perd dans des clichés ridicules et des poncifs régionaux à caractère racial.

Alors, oui, il s'agit d'une maladresse contre laquelle je m'enflamme.
Oui, il n'y a pas lieu de s'emporter. 
Pour autant, ce serait moins choquant (ça paraîtrait juste imbécile) si ça ne venait pas d'un journal de gauche toujours prompt à faire la morale !

Et, même si dans certaines localités, des traits de caractère communs peuvent ressortir, je défis quiconque veut reconnaître en photo les enfants d'origine normande dans une classe d'Île de France ou de Bretagne !

- Monsieur -

mercredi 28 septembre 2011

Curiosité

Parfois les imprimés (pour ne pas dire les impressions) réservent des surprises.
Un exemple en image avec ces deux ouvrages au contenu identique : d'un livre à l'autre, le texte a disparu-réapparu.

réalisé sans trucage

Peut-être qu'il faudrait conserver ces ouvrages défectueux (mal paginés, mal façonnés, mal imprimés..), les réserver à des collectionneurs, des amateurs de bizarreries...
en attendant, ils finissent au pilon, dans la négation totale de leur existence même.

Puisse ce post les préserver de l'oubli !

Google AdWords, Analytics et Adsense de Jean-Noël Anderruthy aux éditions ENI.

- Monsieur -

lundi 26 septembre 2011

Affiches et grognements

Les révoltes et les révolutions sont souvent accompagnées de chansons et de mots, portées par des visuels (affiches, slogans, photos, caricatures...). Même si ces créations ne sont pas d'une grande originalité, même si elles n'émanent pas des protagonistes directs, elles ont le mérite d'exister, de témoigner.
On peut voir, sur le site de Geoffrey Dorne, quelques exemples ayant trait à l’Égypte :

affiche reprise sur twitter. 

En Espagne, les indignés ont profité des capacités d'Internet pour multiplier les possibilités et étendre la visibilité de leur action. Comme le souligne le site d'informations OWNI, ils construisent ainsi une véritable mémoire visuelle de leur mouvement.
Ils créent par là-même une dynamique internationale.

Il fut d'ailleurs amusant de retrouver certaines images de Voces con futura dans le mouvement d'occupation de Wall street organisé le 17 septembre 2011 par des indignés américains.

Voici quelques affiches et des adresses pour suivre le cours de leur action :

    

- Monsieur -

jeudi 8 septembre 2011

François Le Champi

En ramassant une édition délaissée de François le Champi
(la rue est pleine de surprises), je me laisse charmer par les illustrations qui l'accompagnent. Publiée en 1933 dans la bibliothèque verte, les dessins ne sont pas crédités.
Une signature apparaît pourtant sur l'un d'entre-eux.
En recoupant les indices, j'arrive à retrouver un nom : Sylvain Fraroz (Ah, la magie d'Internet !). Les recherches apporteront peu d'informations, si ce n'est qu'il a travaillé pour Hachette en illustrant par exemple Sans Famille, le roman d'Hector Malo
Voici une jaquette sur laquelle la signature de Sylvain Fraroz est bien visible :









François le Champi de George Sand.
Illustrations de Sylvain Fraroz.
Bibliothèque verte, Hachette. 1933.

- Monsieur -

mardi 6 septembre 2011

Causette 16

" Le magazine plus féminin du cerveau que du capiton. "
C'était en mars 2009. Le ton était donné !
L'accroche avait de quoi surprendre dans le paysage bien morne de la presse francophone.
Nous avons pourtant attendu septembre 2011 pour nous laisser tenter.
Bien nous a pris de passer le pas ! 

Causette a du chien !
Est-elle une revue féministe ?

Ne vous attendez pas à lire une revue pour ménagère ou midinette (selon certains critères publicitaires et masculins) ni une revue pour féministes émasculatrices. Si Causette se positionne comme journal à destination d'un lectorat en majorité féminin, elle sait mettre les garçons à l'aise en multipliant les clins d'oeil appuyés et complices. Causette se joue des codes.
Quant aux sujets traités, ils sont universels avec des prises de position affirmées et revendiquées. C'est d'ailleurs, cette empathie, cette compassion réfléchie qui allège la lecture d'une partie des articles : il y a, malgré tous les malheurs du Monde, une confiance, un optimisme rassurant... un truc très... "maternel".

Le ton est direct et la lecture en est d'autant plus rapide et agréable. Alternant sujets graves et légers, Causette distille des informations avec brièveté et humour.

Dans son numéro de septembre, elle n'hésite pas non plus à égratigner les fiers-à-bras (David Douillet en tête) et autres personnages peu recommandables.

Entre deux articles "people", on peut lire un sujet sur la maternité des Lilas ; sujet qui permet d'évoquer les problèmes d'une gestion froidement comptable de la Santé.
On s'attarde mais sans s’appesantir sur les sociétés de sécurité privées, Sihem Souid et son livre sur la police, les "sœurs" musulmanes en Égypte, les footballeuses sans papiers...

Plus loin, un article sur la vente des femmes en Angleterre en surprendra plus d'un(e). L'époque (du XVII au XIXème siècle) est heureusement révolue.

S'ensuit un dossier qui cerne avec beaucoup de finesse et de générosité l'assistanat sexuel aux handicapés. De nombreux points de vue y sont présentés sans jugement ni tabou, avec une neutralité exemplaire. Et comme pour la plupart des articles, une sélection de livres et d'adresses est proposée en complément.

Nous refermons Causette après un survol de l'actualité culturelle et des critiques plutôt rafraîchissantes.

On se regarde :
" Alors ? "
On y regoûte le mois prochain !

Causette numéro 16,  septembre 2011.
Photo de couverture : Christophe Meireis. Modèle : Céline Toutain.

- Monsieur (avec l'approbation de Madame ) -

mardi 30 août 2011

Accessoirement...

Point Deux vient de sortir des signets : ce sont des petites pinces ornées d'un ruban coloré. Grosses comme la largeur d'un pouce, on les fixe au dos du livre.

Vendus par lot de deux, le paquet coûte 3,90 euros !
C'est le prix de certains marque-pages en papeterie mais c'est une fortune au regard des nombreux cadeaux publicitaires (goodies) qui envahissent les librairies.

À ce tarif-là, autant se munir d'un trombone ou d'une carte de visite !

- Monsieur -

lundi 29 août 2011

Compte - rendu

Le 24 août 2011, le journal 20 Minutes commence un article sur le dernier livre de Jack Lang : 

 
  "Il a renoncé à tout droit d’auteur pour que son ouvrage soit proposé à un prix attractif (14 €) et largement diffusé."

Pourquoi ce vandalisme d’État contre l'école ? aux éditions du Félin. 144 pages, 14 euros.


C'est un peu comme un épicier qui laisserait croire, sans le dire, que sa marchandise est moins chère parce qu'il est bénévole. On a envie de comparer.



Ça tombe bien, le même jour paraît le livre de François Hollande :

Le Rêve Français, discours et entretien (2009-2011) aux éditions Privat. 286 pages, 9,80 euros.


Je ne compte ni le nombre de lignes par page (j'aurais pu), ni le poids des idées (ce n'est pas le propos).
Ce billet n'a d'autre but que de relativiser une accroche marketing par une mise en perspective.

- Monsieur -

samedi 27 août 2011

Les poèmes de Jako

le visage zébré
à l'heure grave et rose
où le crépuscule se tait
le visage zébré
de perles reflétant le corail
de tes lèvres
le visage zébré
lorsque mes doigts alcoolisés confondent
le cuir chaud des voitures
avec tes cuisses
le visage zébré
à l'heure grave et rose
pense à des choses qui ne sont rien


Photo prise à l'angle du boulevard Saint Michel et de la rue du Sommerard, au cœur de Paris.

À peine décelables dans le milieu urbain,
les poèmes de Jako se distinguent par leur discrétion.

De la poésie sur sticker
comme une fleur de bitume
comme les herbes sauvages qui reconquièrent Paris

éloge de la transparence pour épouser les murs
les portes et les transformateurs
redécouvrir les mots
et leur redonner sens.

À suivre sur jakothèque ou à découvrir au p'tit bonheur la chance.

- Monsieur -

mercredi 24 août 2011

3 DC - Le Dernier Cri in 3D

Le Dernier Cri en stéréoscopie ?! Folie ! Auraient-ils cédé à la mode ?
Ce serait mal les connaître...
En éditant un collectif en relief, Pakito Bolino nous surprend une fois de plus. À première vue, le 3DC ne déroge pas à la production déstabilisante du Dernier Cri : un magma d'images rougeoyantes d'une beauté qui dérange, rudes aux âmes endormies ; des images où l'on refuse le glacis de la bienséance.
Mais, il suffit de chausser les lunettes pour changer le regard, aborder d'autres rives, celles où rêves et cauchemars se conjuguent, celles... où l'on dépose les chaînes.


Les couleurs cèdent la place à un somptueux noir et blanc dont les nuances se dégradent dans des gris infinis. Le relief magnifie le dessin, l'univers de ces magiciens apatrides.
On entre dans les bouches, on laisse aller ses doigts à travers les membres et les arbres, les insectes, les organes, les paysages flottants... des blessures déchirent ces dioramas immatériels. Les corps sont éventrés, les mâchoires ouvertes, écartelées... et parfois, un visage vide que la main approche sans pouvoir envelopper... limbes...

Avec des effets d'ombres et de lumière aussi puissants qu'une superposition de peintures sur verre, le 3DC nous bluffe méchamment.

3 DC - Le Dernier Cri in 3D (anaglyphe) , 104 pages en offset, couverture sérigraphiée, fourni avec une paire de lunettes 3D.
Collectif avec : A. Grass 1950, Aho Sami, Alkbazz, ALX, Alderete Jorge, Bernhardt Antoine, Bald Eagles, Bathori Marthes, Bertoyas, Bolino Pakito, Bolus Andy, Bindi Valerio, Brinkman Matt, Brochier Laetitia, Brunier-Mestas Marc, Cantrell Daniel, Caritte Jean-François, Clifton Mark, Costes Jean Louis, Craoman, DaDa, Dave2000, Fanelli Ciro, Faucompré Quentin, Fredox, G, Georgarakis Timothy, Giom, Good Mischa, Gomez Carmen, Guedin Gnot, Guedin Dav, Guichard Céline, Hagelberg Matti, Ichiba Daisuke, Judex, Kristeau Jean, KarkkainenReijo, Kasahara Wataru, Keller Keennan Marshall, Kerozen, Ladousse Olaf, Latva-NikkolaJarno, Le Liquide de la tête, Levasseur Ludovic, Lilas, Lombe Patrick, Mareou, Marty Pierre, Moolinex, Musturi Tommi, Duy N’Guyen, Sekitani, Nuvish, Nyblom Marcus, Omer Franck, Ota Keiichi, Papier Charles, Pit, Progeas Didier, Quiévreux Léo, Ramsey Luke, Rémi, Rictus Sam, Rictus Ju, Riton La Mort, Scheibner Reinhard, Stu Mead, T Miles Jason, Tolic Bruno, Tomahawk Gwen, Valentine, Valentina, Vandenbroucke Brecht, Valium Henriette, Véro, Yokogaga, Zabratta Meme, Zven.

Pour ceux qui auront la possibilité de se rendre à Paris, une exposition se tiendra à l'occasion de l’Étrange Festival au Cabinet des Curieux, passage Verdeau du 5 septembre au 8 octobre 2011.

- Monsieur -

lundi 15 août 2011

Immigration, intégration, le langage de vérité

L'immigration est un sujet aussi grave que douloureux.
Grave car il concerne l'humain. Il touche le cœur de l'individu, son histoire, sa sensibilité.
Douloureux car il question de rupture, de déracinement et d'exil.

L'intégration implique une volonté, une adhésion aux valeurs et à l'esprit du pays d'accueil.
L'adaptation peut être longue, compliquée mais elle est nécessaire pour le bien-vivre en société.

Immigration - intégration.
Le sujet est tabou en France, mais il ne faut pas se taire ni se voiler la face. Ce serait voir la situation se dégrader. Ce serait laisser le débat aux seuls extrémistes et intégristes de tout bord.
Malika Sorel-Sutter marche sur des œufs, elle le sait et s'exonère des accusations de racisme, se légitime en quelques sorte (15 ans en Algérie, membre du Haut Conseil à l'Intégration...). Son essai s’appuie sur des études, des rapports et des statistiques, il comporte une importante bibliographie. C'est une analyse rigoureuse et volontaire, sans affect ni pathos mais non dénuée d'humanité.
Malika Sorel-Sutter dénonce les calculs économiques irréfléchis, les doubles discours... elle déplore l’instrumentalisation politique de l'immigration qui se joue de tous les citoyens et au détriment de ceux-ci.

Face aux difficultés de l'intégration, Malika Sorel-Sutter propose des solutions, argumente (même si les statistiques peuvent être interprétées de manière contradictoire), explique. Elle pointe du doigt les défaillances et négligences de l’État (lâchetés, impunité,
réseaux... ), donne les points sur lesquels il n'y a ni à transiger ni à négocier (l'éducation, la laïcité, la place et le droit des femmes... ). Elle replace l'État de droit et les principes républicains au centre du débat, refuse le repli communautaire et veut en finir avec le sentiment de victimisation-repentance qui biaise tous les rapports.
Malika Sorel-Sutter met finalement tout le monde à la même table, élus comme immigrés, devant leurs responsabilités mais aussi face à leurs devoirs.
À chacun de retrousser ses manches...

Immigration, intégration, le langage de vérité de Malika Sorel-Sutter aux éditions Mille et une Nuits, 2011.

- Monsieur -

mercredi 10 août 2011

Mes fiches effaçables, tout le programme de Maternelle.

Les enfants, par un curieux phénomène, réclament parfois de jouer
"à l'école". Et, comme personne n'est à l'abri des longues après-midi pluvieuses les fiches effaçables sont un bon moyen de... se mettre au boulot. Elles pourront également servir de palliatif au téléphone ou à l'ordinateur portable durant les voyages en train ou en voiture. Solides, rudimentaires, elles sont moins encombrantes qu'un tableau noir ou qu'une pile de brouillons.


Armés d'un feutre noir et du capuchon qui permet d'effacer leurs tracés, les enfants prendront plaisir à reprendre indéfiniment ces exercices pratiques et ludiques. Et Dieu sait qu'ils peuvent être endurants !

Élaborées avec le concours d'enseignants, ces fiches plastifiées reprennent le programme de maternelle : lecture, mathématiques, graphisme/écriture, découvertes.


Mes fiches effaçables, tout le programme de Maternelle, petite, moyenne et grande section, 2011.
Chaque boîte cartonnée contient 16 fiches effaçables recto-verso et un feutre noir.
Conception et réalisation : Delphine Gravier-Badreddine.
Les illustrateurs sont cités individuellement sur le bas de la boîte.
Édition GJ éducation (abréviation utilisée par Gallimard jeunesse pour... les produits dérivés).

- Monsieur -

lundi 1 août 2011

J'aime bien les animaux

Par ses dessins d'un classicisme rassurant, André Boos offre aux plus jeunes la vision d'une nature idéale. Il nous présente des animaux tendres et souriants. La collection d'autocollants J'aime bien les animaux est un support de choix pour ses illustrations réalistes bien que ces "produits" populaires à la limite du jeu et de la papeterie ne jouissent pas d'une forte reconnaissance.
Ces cahiers grand format sont un plaisir pour les enfants qui peuvent se laisser envahir par l'image principale et l'accompagner de vignettes autocollantes.


L’expérience des éditions Lito dans le domaine des activités sur papier (gommettes, coloriage... ) en fait la référence et l'ensemble est très maniable. Quant aux textes d'Emmanuelle Fojt, ils résument en quelques lignes "savantes" mais accessibles les caractéristiques de l'animal.
De bons moments à passer pour les 3 à 6 ans et leurs parents.

Les animaux de la ferme ; Les animaux avec des plumes, des poils... ; Les couleurs des animaux.
Illustrations d'André Boos, texte d'Emmanuelle Fojt aux éditions Lito, juin 2011.

- Monsieur -

lundi 11 juillet 2011

Les Vacances

Une petite série d'illustrations d'André Pécoud, charmantes et de saison.
Ce livre était abandonné au bord d'une route.
Il porte pourtant en lui les stigmates de l'amour :

 

 In memoriam :


Les Vacances par la Comtesse de Ségur,
illustrations d'André Pécoud (1880-1951). Hachette.

- Monsieur -

jeudi 7 juillet 2011

Écritures théâtrales - recueil volume 10

Fando et Lis est l'une des premières pièces du théâtre d'Arrabal, l'une des plus belles et des plus émouvantes qui soit. On ne peut que pardonner les excès et les provocations de son auteur quand on reçoit ce texte-là ; peut-être le plus touchant qu'il n'ait jamais écrit. Tout est là, face à nous, toute l'humanité, avec ses souffrances et ses fragilités. Tout l'humain.
C'est l'Amour, l'Amour nu, l'Amour infini, l'Amour le plus profond qu'il nous donne en partage.
Fando et Lis est une pièce bouleversante, d'ordre religieux. C'est une pietà, un chemin de croix qui nous malmène le bide et nous laisse la gorge nouée.

On ne remerciera jamais assez les éditions théâtrales du Grand Sud-Ouest (ETGSO) de l'avoir rééditée dans leur collection de recueils.
D'autant que le choix des textes rassemblés dans leurs compilations permet d'exaltantes (re)découvertes.

Chaque ouvrage présente, après une courte préface, plusieurs pièces de théâtre d'auteurs contemporains.
Le volume 10 accueille cinq dramaturges qui ne laissent pas indifférents. Il couvre une cinquantaine d'années. Théâtre du rire et de la peine, théâtre qui bouscule, porté par le plaisir du texte ! À travers ces quelques compositions, on retrouve l'amour des mots, la force des dialogues. Ce travail du verbe est merveilleux, c'est de l'orfèvrerie ! Il y a une grâce puisée dans la puissance et la justesse des mots, un goût de l'échange ciselé, une épure ! Voilà du grand, du beau travail que l'on prend plaisir à lire à voix haute.

Chaque recueil est une façon de replonger avec bonheur dans le théâtre, le langage, et, par la cérémonie, de revenir au Livre.

Écritures Théâtrales du Grand Sud-Ouest, collection de recueils

- Monsieur -

dimanche 3 juillet 2011

De l'usage d'Internet et de la librairie.

Depuis une dizaine d'années, les initiatives se multiplient pour valoriser le marché de la librairie et contrecarrer les géants de la vente en ligne. Faute d'apports financiers lourds, la lutte n'est pas égale mais une dynamique est créée. La prise de conscience par rapport à l'utilisation de l'Internet ouvre de nouvelles espérances.

Certains sites marchands offrent ainsi une véritable complémentarité aux librairies physiques, que ce soient  :
des adresses en nom propre avec un vrai travail de rédaction et de bibliographie (la librairie Compagnie, la librairie de la mer et bien d'autres encore... )
des plates-formes qui servent d'intermédiaires et mondialisent la clientèle (AbeBooks pour les  libraires de livres anciens... ).

De leur côté, des municipalités, des départements et des collectivités, ont créé des sites vitrines afin de mettre en avant l'ensemble de leurs librairies (la ville de Caen...).

Certains syndicats professionnels référencent leurs membres autour d'une même adresse (SLAM pour les librairies anciennes... ), des collectifs se créent afin de mutualiser leur force de vente et leur savoir-faire (Librest... ).
Le syndicat de la librairie française a initié le projet de 1001 libraires qui propose, en plus de la recherche de livres, un appareil critique rédigé par des libraires indépendants.

Même une société de service, Tite-Live, a compris l'intérêt de développer un site en ligne : profitant de la mise en réseau de ses adhérents et des capacités de son logiciel de gestion de stock, Place des libraires permet de retrouver et réserver un livre, disque ou DVD, dans le magasin le plus proche de chez soi.


Récemment est apparu le Comité Quartier Latin. Il regroupe autour d'une même adresse des libraires indépendants - "victimes" de leur localisation prestigieuse - pour qu'ils ne deviennent pas les dernières pièces d'une ville-musée.
Présentation du quartier, vie culturelle, théâtres et librairies...
Le maillage est serré, ancré sur le 5ème et 6ème arrondissement de Paris, deux arrondissements qui souffrent de la désertification estudiantine et de la spéculation immobilière.
L'initiative est intéressante à plus d'un titre : elle valorise, par le biais du réseau, les différences et complémentarités de chaque libraire, leurs spécificités. Ce qui est une fragilité (nombreuses petites structures individuelles, spécialisation...) devient un atout.
L'union dans la diversité. L'union face à l'adversité.
Si tout le monde joue le jeu, le principe est gagnant-gagnant, pour le client comme pour le libraire.

Reste à convaincre certains "vendeurs" partenaires que CQL n'est pas un annonceur de plus, une vitrine sur laquelle on appose un nom (je sais, j'ai parfois mauvais esprit).

Quand j'ai découvert l'existence du site, c'était le 17 mai à 5h46, j'ai voulu l'essayer.
C'est mon côté joueur.
Parmi les nombreux livres que je recherche, j'en choisis un qui me tient à cœur : Fando et Lis de Fernando Arrabal.
Difficile à trouver, je n'en connais que l'édition de Christian Bourgois
(Théâtre 1), depuis longtemps épuisée.
Je lance donc une recherche, sans y croire, prêt à maugréer une fois de plus contre le monde du Livre. 

Nous avons bien enregistré votre recherche de livre: « Fando et Lis de Fernando Arrabal (recueil de théâtre 1) »
Les libraires en sont informés et vous proposeront leurs exemplaires sous peu.
Consultez les offres en cliquant ici.
Si vous souhaitez annuler votre demande, cliquez ici.
Si votre recherche est fructueuse et que vous souhaitez stopper les alertes, cliquez ici.
La recherche est relayée de façon anonyme par le Comité

À 13h46 , je reçois cette réponse inattendue :

Votre demande express « Fando et Lis de Fernando Arrabal (recueil de théâtre 1) ».
Le libraire « PALIMPSESTE » vient de saisir une offre.
Vous pouvez la consulter en cliquant ici. Si vous souhaitez annuler votre demande, cliquez ici.
Si votre recherche est fructueuse et que vous souhaitez stopper les alertes, cliquez ici.

Voici la réponse de la librairie :

Bonjour,

le texte que vous cherchez figure dans un volume publié par les éditions théâtrales du grand-ouest, que nous n'avons pas mais que nous pouvons vous commander. les délais ne sont malheureusement pas aussi rapide qu'ils le sont d'habitude, du fait du caractère très confidentiel de l'éditeur. Si vous nous confirmez votre commande, nous pouvons espérer le recevoir dans environ une semaine.

Dans l'attente de votre éventuelle confirmation de commande,

Sincères salutations.

Illico, je commande l'ouvrage ! Je suis fou de joie !
Non seulement CQL a prouvé son efficacité mais l'équipe de Palimpseste a réussi, par son professionnalisme (transmission du savoir, qualité de la réponse), à capter un lecteur et l'amener à elle.

Chapeau bas !


Une semaine plus tard, après un courriel du libraire confirmant la réception de mon livre, je me rends au 16 rue Santeuil.
Je découvre une librairie universitaire qui semble sortie des années 70. N'allez pas y chercher de fioritures, il n'y en a pas. Par contre, il y a du choix, de la "bibliodiversité", des livres intéressants et de nombreuses revues (sciences humaines, littérature, cinéma... ).

- Monsieur -

lundi 27 juin 2011

Un libraire en colère

Le livre d'Emmanuel Delhomme a eu droit à plusieurs papiers dans la presse, suffisamment pour aiguiser la curiosité. Peut-être que nous allions apprendre des choses, avoir une autre vision du métier et de ses problématiques... tel n'est pas le cas. Les points essentiels sont là, couchés dans les articles sélectionnés par l’Éditeur (Libération... ), le reste n'est qu'un billet d'humeur.
Il faut reconnaître qu'Un libraire en colère n'est pas une réflexion ni un essai sur les maux qui affectent la librairie. C'est un cri. c'est la voix du mourant qui s'accroche à la vie. C'est une colère pour sortir de l'indifférence. C'est le dernier message avant l'effacement, l'oubli et la disparition. Emmanuel Delhomme voit son commerce menacé. Il se sait condamné. Il dresse le bilan, fait le constat, vomit ce monde nouveau et connecté.
Ceux qui attendent de son ouvrage une portée générale (par rapport au commerce indépendant, aux changements sociaux...) seront déçus. Emmanuel Delhomme prêche pour sa paroisse et n'atteint jamais l'universel. Ce n'est pas le but mais cela restreint d'autant l’intérêt de ses remarques.
Pourtant, il touche les vrais problèmes mais sans approfondir, il focalise sur quelques faits et y revient obsessionnellement. Ah ! Internet ! les portables ! La colère est revendiquée mais elle est simplificatrice. L'auteur frappe maladroitement, parfois injustement. Il n'est pas tellement honnête, intellectuellement parlant, quand il passe indifféremment de la crise du Livre à celle de la lecture (qui n'est pas prouvée). Et malgré quelques jolies pages, plus on avance dans le texte, plus on le sent aigri, plus on se lasse, plus... il nous perd.

Un libraire en colère de Emmanuel Delhomme, aux éditions L’Éditeur, mai 2011.

Je profite de cette critique pour renvoyer à un article précédemment écrit sur les maux du Livre.

Ajoutons, concernant la librairie, que :

- La spéculation immobilière a des conséquences dramatiques autant sur les commerces que sur le pouvoir d'achat et le moral des ménages. La mairie de Paris essaye difficilement de trouver des solutions : Vital'quartier.
- Le prix unique du Livre, restreint à quelques pays, ne correspond plus aux habitudes de consommation (généralisation de la seconde main, internationalisation du commerce, nombreuses opérations éditoriales : un livre en cadeau pour l'achat de deux... ). Que faire ?  L'abrogation de cette loi serait, pour les libraires indépendants, suicidaire.
- Le système qui permet les retours d'ouvrages invendus en contrepartie d'un avoir est d'une grande perversité. Quand les ventes diminuent, les retours en provenance des librairies augmentent. Pour couvrir et compenser les avoirs, les éditeurs produisent plus de livres. La machine s'emballe. C'est le système de cavalerie. Emmanuel Delhomme compare cela à juste raison au système bancaire (crédits... ).
- L'accueil en librairie est un des points noirs de la profession. Réputé froid, caustique et peu engageant, le libraire intimide. Même si l'image est en train de changer et que les choses bougent, il est difficile de ramener à soi un client refroidi.
On pourrait rapprocher cela des bistrots "à l'ancienne" où les patrons bougons et peu aimables ont râlé contre la concurrence des fast food sans se remettre en cause. Il a fallu l'arrivée d'une nouvelle génération avec d'autres concepts pour faire revenir la clientèle.
Alors, ne désespérons pas.

- Monsieur -