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dimanche 20 mai 2012

Et alors, et alors....

Frontispice du roman À fond de cale paru dans la bibliothèque rose (édition de 1904 dans une traduction de Mme Henriette Loreau).

Mon Auditoire. Illustration de Loudan.


Écrit par le capitaine Mayne-Reid, c'est l'histoire d'un vieux marin qui raconte son premier voyage... au fond d'une cale avec les rats.
L'ouvrage est accessible en ligne aussi facilement que gratuitement. Quant aux illustrations qui l'accompagnent, si elles sont reproduites, il vaut mieux oublier : leurs numérisations ne valent guère mieux que les photocopies monochromes des années 80.

Un vrai dommage pour le droit moral des auteurs.


- Monsieur -

lundi 26 septembre 2011

Affiches et grognements

Les révoltes et les révolutions sont souvent accompagnées de chansons et de mots, portées par des visuels (affiches, slogans, photos, caricatures...). Même si ces créations ne sont pas d'une grande originalité, même si elles n'émanent pas des protagonistes directs, elles ont le mérite d'exister, de témoigner.
On peut voir, sur le site de Geoffrey Dorne, quelques exemples ayant trait à l’Égypte :

affiche reprise sur twitter. 

En Espagne, les indignés ont profité des capacités d'Internet pour multiplier les possibilités et étendre la visibilité de leur action. Comme le souligne le site d'informations OWNI, ils construisent ainsi une véritable mémoire visuelle de leur mouvement.
Ils créent par là-même une dynamique internationale.

Il fut d'ailleurs amusant de retrouver certaines images de Voces con futura dans le mouvement d'occupation de Wall street organisé le 17 septembre 2011 par des indignés américains.

Voici quelques affiches et des adresses pour suivre le cours de leur action :

    

- Monsieur -

dimanche 19 décembre 2010

Disney parade

Pour de nombreux enfants à travers le Monde, la période de Noël fait écho à la magie de Disney.
Une fois n'est pas coutume, nous profitons de cette opportunité pour présenter deux courtes vidéos.
Celles-ci circulent sur Internet depuis plusieurs années, sous tant de latitudes et de langages qu'il est difficile d'en retrouver la paternité : l'anonymat et la réappropriation étant aussi fréquents sur le Web qu' inhabituels pour nos esprits régis par le droit d'auteur.
Le message circule, n'est-ce pas le plus important ?

Il nous semble avoir retrouvé ici les versions les plus anciennes (l'une date de juin 2008, la seconde du mois d'août 2008).
Nous n'avons malheureusement que deux pseudonymes pour saluer le travail de documentaliste et de passionné que représentent ces intéressants montages :


Walt Disney se répète !
envoyé par lesfousdelacam.



Ressemblance entre Disney - Envoyé par universdisney

Troublant hommage, reflet du travail dans l'industrie du dessin animé, étonnant recyclage de "squelettes" et de mouvements ? Que de réflexions et d'interrogations en perspective...

- Monsieur -

dimanche 12 décembre 2010

Message à caractère informatif.

Le matraquage et l'omniprésence de la publicité peuvent agacer.
Et Internet n'est pas le seul support où la laideur des annonces n'a d'égal que leur parasitisme :

Commentaires sur  Stream-actu.com.

Qui n'a pas maugréé contre la pollution visuelle à l'entrée des villes ?
Qui n'a pas râlé contre la coupure de pub au milieu d'un film ?!
Le saucissonnage des émissions radios ?

Qui a oublié la publicité intrusive ? Les héros qui ne buvaient qu'une seule marque de whisky ?
Qui se souvient des pubs au dos des Séries noires ?

Plus d'infos sur Noir Bazar.

Curieuse nostalgie qui donne à ces images un certain intérêt.

Qui n'a pas regardé avec amusement les réclames d'autrefois,
reflets caricaturaux d'une époque, images marquées par les mentalités ?

Dossier et analyse sur  Le tigre.
Ne ratez pas ces quelques blogs.













Et que dira-t-on plus tard en découvrant ce livre :


l'Analyse pour économistes volume 1 d'Alain Piller aux éditions Premium ?
À première vue, rien de choquant...
Pourtant,
ce manuel d'exercices mathématiques est un modèle du genre, avec deux interruptions publicitaires en milieu d'ouvrage ! Deux pleines pages couleurs pour les apprentis économistes !











Si ce n'est pas de la respiration !


Ce message, publicitaire à de nombreux égards, est purement récréatif. Il n'a aucun but lucratif.

- Monsieur -

dimanche 26 septembre 2010

Absence

Absences et irrégularités ont été les symptômes majeurs de ce blog depuis quelques mois. Pour reprendre en beauté, quoi de mieux qu'un panneau publicitaire : Ron English, peintre du Pop Surrealism, s'est inspiré de Van Gogh pour illustrer l'Absente, liqueur aux plantes d'Absinthe.



Vision hypnotique.
On ne peut que se ressaisir sinon gare à l'abandon...

- Madame et Monsieur -



Peu d'endroits où obtenir cette plaque... découverte à La Cour du Paradis, une épicerie fine de Villedieu les Poêles - en Normandie - (pour les petits malins qui la situeraient en Bretagne), elle est également disponible sur e-bay chez Emmanuel8107.

Précisions du revendeur : Les plaques métalliques sont en aluminium, imprimées en sérigraphie. Elles passent au four à température modérée pour fixer l'encre. Le dos des plaques est maintenu par un carton. Elles sont d'un très beau rendu.

Ajoutons que les prix peuvent varier d'un endroit à un autre.

samedi 20 mars 2010

Hey!

Enfin, une éclaircie dans ce vieux fond de grisaille!

Les lecteurs de Juxtapoz (avant son orientation "street-art") et ceux d'Hi-Fructose ne pourront que se réjouir de l'arrivée d'une revue francophone (bilingue pour être honnête) consacrée aux mouvements artistiques issus de la pop culture.

Hey! sous-titrée "modern art et pop culture" se présente sous un format à l'italienne avec des stickers, une poupée en carton à découper, des cahiers de différents formats et un papier de qualité. Elle n'a ni les publicités ni le côté people (trash et vernissage) des revues américaines.

Il y a un beau travail de mise en page et l'on ne se plaindra pas de devoir "jouer" avec le sens de cet objet (de quel côté on le tourne?!) puisque les œuvres présentées bénéficient ainsi d'un format extra-large ou extra-long.

Une belle unité se dégage de ce mensuel jubilatoire à la finition soignée dont le ton est donné en prologue (tatouages, graffiti, jouets, bandes dessinées, peintures... ) : " Nos alternatives d'hier, nos refuges, nos marges, nos réseaux sont sous les projecteurs. Hey! est notre corde vocale. Avec l'Europe en haut-parleur."

Hey! arrive donc à parler de ce qu'on aime (œuvres et artistes) sans racolage ni hypocrisie commerciale. Ils n'ont pas pris grand risque sur les artistes présentés (la plupart sont connus et reconnus) mais ils ne trahissent pas non plus leur univers. L'essentiel est de prendre ses marques.

Le plaisir des rédacteurs étant perceptible, communicatif, on attend la suite avec impatience!

- Monsieur -

Hey! numéro 1, Mars 2010, trimestriel publié par les Éditions Ankama.

jeudi 6 mars 2008

Animalia

Il est mal vu de dessiner comme un enfant et pourtant, le vrai dessin d'enfant connaît ses amateurs attendris et passionnés. Il a ses défenseurs et ses collectionneurs.
Doit-on parler d'aveuglement?

Nombreux sont les enseignants qui conservent les dessins de leurs petits élèves guidés par l'enthousiasme de leurs premières années professionnelles, par sentimentalisme aussi. Et que dire des parents persuadés du génie de leur progéniture?
Sans être objet de dévotion, le dessin d'enfant est partout. Il s'égare entre les pages d'un livre, il se perd entre deux boîtes d'archives. Il se découvre quand on ne l'attend plus, réapparaît derrière un meuble ou au fond d'une armoire. Il ne se jette qu'avec regret et ne laisse pas indifférent. Il génère l'émotion.

Picasso racontait: " une chose curieuse, c'est que je n'ai jamais fait de dessins d'enfants. Jamais. " et il ajoutait: " il m'a fallu toute une vie pour dessiner comme eux. " Il était fasciné.

Car un dessin d'enfant est un mélange touchant de ratage et d'application, de faiblesse et de force. Il n'y a pas de calculs, pas de cadres; l'imagination est sans borne.
À la base du dessin d'enfant, il y a l'échange, le langage et le lien. La maladresse des débuts cache la volonté, l'acharnement à retranscrire. L'émotion pousse la main. Le cœur et la raison s'animent. On reçoit et on donne. L'enfant s'applique, insiste, il s'invente des chemins, persévère et progresse. Son expression a le trait pour génie. Il suffit pour s'en convaincre de contempler la pureté de ce dessin:




Il n'y a pas de superflu.

-Monsieur-

de Frederico (4 ans)
conception graphique: André Lemos
couverture sérigraphiée par Mike goes West
aux éditions Opuntia books
juin 2006 (imprimé à 75 exemplaires.)

mardi 4 mars 2008

100 ans d'illustration de mode

"100 ans d'illustration de mode "!
Environ 400 illustrations pleine page accompagnées d'un texte sûr et concis!
Voilà un luxe dont il serait dommage de se priver.

Cally Blackman nous livre un cours magistral par son ampleur et sa justesse. Bien sûr, il y a des lacunes mais le sujet est vaste et la sélection nécessaire, forcément drastique. L'auteur le reconnaît.
Son ambition n'est pas d'être exhaustive. Elle survole un siècle, le XXème, à travers le prisme de " l'illustration de mode ". Il ne s'agit pas à proprement parler d'une histoire de la mode (la " mode " étant à comprendre au sens large, de façon générique). Ce n'est pas non plus un florilège. Il n'y a pas de parure inutile, pas de vétille. Il n'y a pas de chef-d'œuvre non plus. Chaque illustration, comme autant d'ornement, est soulignée d'un commentaire. Tout est juste, harmonieux, comme le chapeau qui équilibre les silhouettes.

100 ans. Un siècle, une époque. Quatre générations et autant de chapitres qui défilent sous nos yeux. 100 ans, c'est le reflet d'une société, de sa mentalité. C'est son évolution.
Sans nostalgie, Cally Blackmann a dégagé les grandes tendances des décennies passées. Avec à-propos et légèreté, elle a su éviter l'austérité de la leçon sans tomber dans l'artifice. Du bel ouvrage.

-Monsieur-

de Cally Blackmann
aux éditions Eyrolles
2007

jeudi 28 février 2008

Papiers Nickelés n°15

La lecture des Papiers Nickelés s'accompagne toujours d'un lot de découvertes.

Ainsi nous visitons le monde et le grand! Du Québec avec Albéric Bourgeois (le premier bédéiste du cru) à l'Argentine avec Ruben Sosa (récemment décédé). Nous traversons l'histoire: avec les ennuis judiciaires de Daumier au XIXème siècle et un article émouvant sur Poulbot paru en 1943 dans le " Dimanche illustré".

Nous dévorons ensuite le sujet consacré aux imprimeurs d'étiquettes.
Pour les amateurs de fromages et de belles images à qui Daniel Bordet (l'auteur du texte) aura mis l'eau à la bouche, un détour sur le site Le tyrosémiophile.com s'impose. À la fois passionnant et très complet.

Profitons également d'un entrefilet sur les suites de la désastreuse
" affaire " de l'Imprimerie Nationale pour nous rendre sur graphê (association pour la promotion de l'art typographique). Le parcours photographique proposé est un bel hommage rendu aux ouvriers du Livre.

Pour clore ce compte-rendu un peu sommaire, j'ajouterai que cette petite revue (24 pages) très dense est joyeusement illustrée; le ton y est aussi vif que le fonds est précis.
Pour les libraires qui voudraient se procurer les numéros, la diffusion se fait par Makassar. Pour les abonnements et les particuliers, je vous renvoie à notre article précédent.

-Monsieur-

aux éditions C.I.P.
2007

mardi 26 février 2008

Carnaval


" Carnaval couleurs et mouvements " est une invitation au voyage. Des formes endiablées nous élèvent avec elles, des gerbes de couleurs font rayonner les pages, nos pupilles se dilatent. Mattotti est grandiose. Son art est flamboyant. Ses dessins continuent de danser sous les paupières fermées.

Mais cette cavalcade est soigneusement régie, ponctuée de courts chapitres eux-mêmes rythmés en trois parties: un texte, des croquis, des " tableaux ". La cadence est rapide. Un texte, des croquis... nous voilà entraînés.

Les auteurs sont nombreux. Ils vivent le carnaval, en exposent les grandes lignes, transposent leur enthousiasme. Ils transmettent leur passion brièvement; des notions, quelques phrases. Suivent alors les croquis de Lorenzo Mattotti. Chaleureux noir et blanc très vite emporté par des scènes colorées et somptueuses.

L'ensemble est emballant mais une chose me chagrine.

Car dans ce foisonnement, une petite note de déplaisir est venue me distraire: l'austérité d'un bandeau gris qui traverse certaines pages s'est dressée devant moi. Austérité qui ne sied guère à l'exubérance d'un carnaval. Cette fantaisie obscure casse le trait, la souplesse du dessin. Elle rompt les équilibres, l'harmonie des croquis en soulignant maladroitement certaines parties de ceux-ci. Quel dommage! Aussi dommage que la transparence du papier qui laisse percevoir sous un verso blanc le recto de la page.

" Allons, Monsieur, ne soyez pas rigide. " me glisse une petite voix. Alors soit, profitons de la fête!

-Monsieur-

de Lorenzo Mattotti
aux éditions Casterman
2007

lundi 25 février 2008

Pot pourri


La poésie de Costes est scandée, hurlée, vomie dans des orgies terribles. C'est une libération, un rite du fond des âges, le chant d'une religion ancienne.
Costes est venu au Monde. Il a ouvert les yeux. Costes est organique. L'Homme est organique. Demandez aux sages-femmes: l'accouchement est " humeurs ". Costes se débat, nu, dans le sang, le sperme et les excréments. Il a peur. La société l'agresse, le révulse par ses tabous, ses silences, son hypocrisie et ses lois. Costes est nu: il crie, il hurle, il griffe. Il est " Homme-animal "; nié, méprisé, violenté. Il ne demande qu'à vivre... et c'est un chant d'amour et de désespoir qu'il abandonne aux courants du bitume.

Costes ne joue pas, il ne ment pas. Sa volonté obsessionnelle est mal comprise, son jusqu'au boutisme effraye. Ne le jugez pas: il blasphème, il étouffe! Il est empêtré dans le carcan de la morale. Il ne peut en sortir, nos valeurs ne lui correspondent pas. Il est Autre, étranger, à l'étroit dans ce Monde.
Ne vous détournez pas, débarrassez-vous de vos oripeaux et laissez-vous malmener (bercer) par son chant. Lisez ses paroles à voix haute, laissez-vous pénétrer. Plongez dans les dessins de Anne Van Der Linden magnifiques et obscènes. Nulle autre qu'elle ne pouvait témoigner de la beauté crue de cet univers tourmenté et violent.


Par le choix des textes et leur ordonnancement, par le CD inclus, les éditions du Dernier Cri nous proposent une approche sensible de l'œuvre dramatique de Jean-Louis Costes.

-Monsieur-

Textes et CD de Jean-Louis Costes (un entretien vidéo sur Daily motion témoigne de la fragilité du personnage. Touchant)
Dessins de Anne Van Der Linden (le dessin accompagne le texte, le contraire est aussi vrai)
aux éditions du Dernier Cri
imprimé en offset et sérigraphie en novembre 2007 à 500 exemplaires.
Disponible en librairie ou sur le site eretic-art.

lundi 14 janvier 2008

Contre histoire de l'art

Pas un mois sans une compilation de blagues douteuses ni une sélection de morceaux choisis, recueil de bons mots et de citations. L'exercice est souvent indigeste. "Contre histoire de l'art" pourrait ressembler à ce genre de livres, situé à mi-chemin entre l'assemblage hétéroclite d'érudition et de brèves de comptoir. Il se distingue pourtant par plusieurs points:
Christophe Girard illustre son propos par des dessins noir et blanc, clairs et précis, très (traits) lisibles. Ses personnages ont de la chair, du caractère; ils sont vivants et dépoussièrent l'Histoire.
L'auteur, professeur à l'école d'art de Nice, prend également parti. Ses prises de position peuvent faire grincer des dents ou déclencher l'approbation mais elles ne laissent pas indifférent. Son regard amusé et parfois subjectif donne envie d'en savoir plus, d'approfondir...
Il peut enfin réconcilier les néophytes, les amateurs et les réfractaires à l'art en général et dans ses particularités.
Son propos présenté sous forme chronologique n'est pas à proprement parler une critique des œuvres qui ont jalonné les siècles ni un discours sur l'évolution des techniques. C'est une façon de raconter les grandes lignes de l'histoire de l'art (et de l'humanité) par une série d'anecdotes invraisemblables (mais vraies) et de clins d'œil croustillants.
Christophe Girard revient sur tout ce qui ne se dit pas, ces petits détails qui nous servent d'aide-mémoire et nous permettent de briller en société, ces petits faits qui changent la face du Monde. Il ne faut donc pas s'attendre à ouvrir un livre "contre l'histoire" de l'art (à moins d'enterrer les thuriféraires de la culture) mais plus un contre-chant à l'histoire de l'art, officielle, austère et ennuyeuse.
Plaisant et bienvenu.

-Monsieur-

de Christophe Girard (l'auteur met parfois des dessins en vente sur e-Bay sous le pseudo Drarig68)
éditions du point d'exclamation
2007

lundi 7 janvier 2008

Corrida


Que penser de ce livre? Dans sa forme, il serait destiné aux tout jeunes enfants mais par son contenu il s'adresse aux plus grands. Peut-être que j'ai des préjugés mais il est indéniable que les enfants ont des a priori (la faute à qui?) et qu'en grandissant ils regardent avec mépris les ouvrages illustrés: "c'est pour les bébés!" Or, cet album est loin d'être un livre réservé aux "bébés". En tant qu'adulte, je l'ai trouvé superbe: percutant par ses images, ses couleurs, son histoire.
C'est un instantané, un fait divers, cruel comme peuvent l'être les enfants et les Hommes. C'est une histoire de souffrance, de violence: un groupe contre un individu; le drame. Peu de mots, pas une respiration, juste un titre, tout est dit.
Après c'est à l'enfant de parler, à l'adulte d'écouter. Corrida permet d'amorcer un dialogue, une rencontre. "Les livres ont la parole", celui-ci est un livre à partager, difficile, âpre. Il soulage les consciences et libère les cœurs gros.
Certains le conseillent à partir de six ans. Je ne sais pas. De toutes façons, les enfants ont une capacité étonnante à filtrer ce qui ne leur convient pas quitte à le reprendre un peu plus tard...

Yann Fastier est bibliothécaire jeunesse, on peut consulter une petite notice qui lui est consacrée sur le site de Ricochet et une autre sur celui de la Charte. Sur Heeza, nous pouvons voir un sympathique folioscope qu'il a réalisé pour les éditions Flblb.

-Monsieur-

de Yann Fastier
aux éditions de L'atelier du Poisson Soluble (on peut trouver sur leur site les librairies de France métropolitaine qui proposent leurs créations et avoir un aperçu de Corrida)
2006

jeudi 20 décembre 2007

le Livre de la guerre de cent ans


Voilà un livre remarquable, à la hauteur de l'attente (la sortie ayant été maintes fois repoussée). Gus Bofa (1883-1968) nous présente le conflit de 14-18 à travers la guerre de cent ans. Il réussit le tour de force de rester amusant et bon enfant sous des côtés amers et désabusés. Son coup de crayon y est pour beaucoup. Les trognes et les allures de ses personnages ont des aspects débonnaires et rustiques. C'est le cinéma des années vingts auquel on est convié: des caractères marqués mais toujours réalistes.
Aux amateurs de l'auteur qui s'étonneront de la mise en couleur, je conseillerai de lire le texte en ligne sur le blog de l'éditeur et publié à la fin de l'ouvrage. Il y est expliqué le choix cornélien auquel l'éditeur a été confronté et l'histoire chaotique du livre.
Nous ne pouvons d'ailleurs que féliciter les éditions Cornélius pour la qualité de leur travail, leur passion, leur acharnement à fabriquer du bel ouvrage, les remercier aussi de nous faire découvrir l'œuvre de Gus Bofa (Malaises, Slogans...). Je ne peux m'empêcher dans la foulée de vous indiquer un passage de leur blog révélateur de leur exigence: c'est affligeant pour les "grands éditeurs" cités.
Pour en revenir à nos moutons comme dirait Jehanne la pucelle, précisons qu'un court texte de Mac Orlan (proche de l'esprit fantaisiste des chansonniers) et quelques inédits de Gus Bofa viennent clore ce livre de la Guerre de cent ans. En conclusion, je vous dirais bien d'en acheter deux, un pour vous, un pour offrir. Il paraît que c'est de saison.

-Monsieur-

de Gus Bofa (le site officiel est à visiter sans façon)
accompagné d'un texte de Pierre Mac Orlan
aux éditions Cornélius
2007

mercredi 19 décembre 2007

Dialogue entre un prêtre et un moribond


C'est un texte très court que publie l'éditeur engagé (enragé?) du Chien Rouge. L'on y découvre que Sade est un grand philosophe libertin (au sens de liberté) trop souvent enfermé dans une image sulfureuse.
Le moribond entame un dialogue impossible avec un prêtre venu le confesser. Les réparties du moribond sont souvent justes, provocatrices et parfois excessives. Les hésitations du prêtre sont réjouissantes. C'est d'une modernité, d'une actualité (d)étonnante. Chacun campe sur ses positions. Est-ce que le dialogue pourra faire avancer les choses, évoluer les mentalités, convertir à une idée ou une autre? Qui sait? Comme le laisse supposer la note de conclusion la chair est faible et l'abandon inévitable, salvateur.
Ce qui est plaisant au bout du compte, c'est l'intelligence de l'opposition et le courage du discours. Sade a payé le prix fort; des personnes continuent de payer de leur vie leur indépendance face à l'obscurantisme; il ne faut pas l'oublier.
Soulignons que l'éditeur met en exergue deux brèves analyses écrites par Gilles Lucas et Jean-Roch Siebauer qui apportent un éclairage complémentaire au texte de Sade. Bien sûr le dialogue du marquis accompagné d'analyses est disponible sur de nombreux sites internet mais il serait dommage de se priver des dessins de Rémi Verbraeken qui illustre on ne peut plus clairement les turpitudes et le travail de l'esprit (la nature?) sur les chairs noueuses des deux personnages de l'histoire.

-Monsieur-

de D.A.F. Sade
accompagné des textes de Gilles Lucas et de Jean-Roch Siebauer
illustations (réservées aux grandes personnes) de Rémi Verbraeken dit Rémi
aux éditions du Chien Rouge
2007

mercredi 14 novembre 2007

Papiers Nickelés


La "revue de l'image populaire" est trimestrielle. La couverture présentée ci-contre est celle du deuxième trimestre 2007 mais la suivante (que je n'ai pas lue) est encore plus belle.
Papiers Nickelés a été fondée il y a quelques années par des passionnés. Ceux-ci se sont associés afin de promouvoir la création d'un centre d'étude (C.I.P.) où seraient collectés et préservés les travaux, dessins, illustrations de créateurs d'images. Ce lieu permettrait de sauver un patrimoine souvent délaissé, de le mettre en valeur (numérisation) et d'en gérer éventuellement les droits.
En attendant, leur journal offre une reconnaissance à des dessinateurs connus ou oubliés. Il mêle habilement l'érudition des textes à de nombreux dessins hétéroclites. Instructif mais jamais assommant, il n'y a pas de différence de traitement entre un affichiste et un dessinateur de presse, entre un dessinateur contemporain et un dessinateur du XVIIIème siècle. Il n'y a pas de hiérarchie entre l'historique d'un logo (Larousse) et le rappel d'un fait de société (procès des caricatures). Les collaborateurs de cet organe ont une curiosité doublée d'une absence de préjugé qui donne toute sa valeur à leurs articles. Ce fourre-tout fabuleux est une mine dans laquelle il y a toujours un trésor à découvrir. On referme chaque numéro avec l'envie d'en savoir plus, de faire des recherches sur tel ou tel dessinateur, de glaner des images dans les bibliothèques, sur les quais, d'aller chercher dans les greniers, chez votre grand-mère (et pourquoi pas chez la mienne?).
Il serait dommage de passer à coté de cette source de bonheur.

-Monsieur-

Collectif C.I.P.
Adresse de la messagerie:
papiers.nickeles@wanadoo.fr