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mardi 16 février 2010

Papiers Nickelés

Les Papiers Nickelés poursuivent leur petit bonhomme de chemin et c'est avec bonheur que l'on découvre leurs premiers pas sur Internet.
Dans leurs derniers numéros, on peut lire un historique de la carte postale, quelques mots sur René Brantonne magnifiquement encadrés des couvertures de Fleuve Noir Anticipation.

Le numéro 22 nous donne l'occasion de retrouver Heinrich Kley, un virtuose du dessin (de la première moitié du XXème siècle). L'ouvrage Drawings of Heinrich Kley paru chez Dover rendait bien compte de l'élégance de son trait, du mouvement: une véritable danse, un dessin "animé". Quelques portfolios sont visibles sur le site de Coconino World .

Le numéro 23 s'attarde sur Rémi, un des dessinateurs parmi les plus talentueux, et peut-être le plus mordant, de sa génération.
Un article sur Audubon côtoie un sujet sur les Crados, Gipi voisine sans problème avec Pierre Soymier (une occasion de porter un regard bienveillant sur la revue Ridendo à laquelle il participa), Roland Breucker est tristement honoré dans le numéro 22.

Il y a toujours les brèves et trop nombreuses nécrologies, la page consacrée à la censure qui rappelle que dessiner est un acte de liberté et les rubriques habituelles beaucoup plus réjouissantes.

Voilà de bonnes raisons d'acheter les Papiers Nickelés; même si l'on aimerait des numéros plus denses et plus fréquents... la gourmandise est un vilain défaut.

Prenons le temps et goûtons notre plaisir.

-Monsieur-

Papiers Nickelés, la Revue de l'Image Populaire.
Toujours difficile à dénicher, vous pouvez vous abonner sur leur site
ou indiquer leur diffuseur à votre libraire (en France):
Makassar, 8 rue Pelleport 75020 Paris (uniquement pour les professionnels).

mercredi 19 décembre 2007

Dialogue entre un prêtre et un moribond


C'est un texte très court que publie l'éditeur engagé (enragé?) du Chien Rouge. L'on y découvre que Sade est un grand philosophe libertin (au sens de liberté) trop souvent enfermé dans une image sulfureuse.
Le moribond entame un dialogue impossible avec un prêtre venu le confesser. Les réparties du moribond sont souvent justes, provocatrices et parfois excessives. Les hésitations du prêtre sont réjouissantes. C'est d'une modernité, d'une actualité (d)étonnante. Chacun campe sur ses positions. Est-ce que le dialogue pourra faire avancer les choses, évoluer les mentalités, convertir à une idée ou une autre? Qui sait? Comme le laisse supposer la note de conclusion la chair est faible et l'abandon inévitable, salvateur.
Ce qui est plaisant au bout du compte, c'est l'intelligence de l'opposition et le courage du discours. Sade a payé le prix fort; des personnes continuent de payer de leur vie leur indépendance face à l'obscurantisme; il ne faut pas l'oublier.
Soulignons que l'éditeur met en exergue deux brèves analyses écrites par Gilles Lucas et Jean-Roch Siebauer qui apportent un éclairage complémentaire au texte de Sade. Bien sûr le dialogue du marquis accompagné d'analyses est disponible sur de nombreux sites internet mais il serait dommage de se priver des dessins de Rémi Verbraeken qui illustre on ne peut plus clairement les turpitudes et le travail de l'esprit (la nature?) sur les chairs noueuses des deux personnages de l'histoire.

-Monsieur-

de D.A.F. Sade
accompagné des textes de Gilles Lucas et de Jean-Roch Siebauer
illustations (réservées aux grandes personnes) de Rémi Verbraeken dit Rémi
aux éditions du Chien Rouge
2007