Affichage des articles dont le libellé est Daniel Pennac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Daniel Pennac. Afficher tous les articles

mardi 1 avril 2008

Chagrin d'école

" Chagrin d'école " a trouvé ses lecteurs, il en séduira d'autres.
Amateur du Pennac-romancier, je pensais, en ouvrant ce livre, passer un bon moment. Cet homme a une faconde plaisante, la bonne humeur communicative, le regard franc et le sourire facile; malheureusement...

Pennac parle de lui-même. C'est un fait. On le voit grandir, être cancre à l'école, en famille, dans le regard des autres; être cancre jusqu'au déclic inattendu: un enseignant qui l'encourage, lui fait confiance, lui donne confiance.
Les chapitres se suivent: Pennac cancre, Pennac enseignant-modèle (où sont les lauriers?), retour au cancre et aux cancres. Il édulcore mais pourquoi pas. La réalité est parfois invraisemblable et les miracles existent. On ne demande qu'à le croire, qu'à le suivre. Son optimisme fait du bien.
Mais il y a un " mais ". Imperceptiblement, le ton devient sentencieux et moralisateur. Redondant, Pennac alourdit son propos. Je tourne les pages mollement. Daniel Pennac m'ennuie.
Son essai se prolonge avec un plaidoyer pour les jeunes de banlieue, forcément blacks ou beurs, forcément cancres. Sans s'étendre sur leurs travers, il les défend en les montrant du doigt: ils sont notre futur, les génies incompris. Il reprend l'imagerie des quartiers, déborde de naïveté et d'idées reçues. Il les connaît: il enseigne (ou plutôt il a enseigné). Il tient la vérité et n'oublie pas de se jeter des fleurs au passage. C'est de bonne guerre mais ça peut agacer. Pennac tient sa revanche, le cancre fait la leçon. Le prof est sympathique. Sa vision simpliste et schématique dégouline de bons sentiments. Pennac passe de pédagogue à démagogue.
Je décroche. Trop, c'est trop. Je n'ai pas eu de " passeur " à l'école! Je ne sais pas de quoi il parle! Je feuillette les dernières pages. Je survole. Il pousse son raisonnement, progresse, devient intéressant mais je n'ai plus l'envie. Je n'ai plus l'étincelle. Il ne me reste qu'à attendre d'éventuelles retrouvailles, un livre dans quelque temps qui pourra me consoler de ce " chagrin d'école ".

J'aurais aimé que Pennac ait une parole pour les cancres isolés, ceux qui ne sont pas chefs de bande. Ceux qui s'acharnent et qui travaillent, ceux qui peinent et ne trichent pas. Obstinés, laborieux et moqués de toutes parts, ils sont là, ils existent, ils se murent: ce sont eux les exclus, ceux que personne ne veut entendre, les " débiles " qu'il vaut mieux oublier.
J'aimerais aussi comprendre pourquoi certains élèves décrochent. Pourquoi certains dévissent arrivés en sixième ou en classe de seconde? On ne naîtrait pas cancre?
Je terminerai sur un souvenir:
il y a 25 ans; les temps changent, mais il y a 25 ans les classes de rattrapage étaient des classes délaissées où s'entassaient dans un état proche de l'abandon les élèves à et en difficultés.
Il faut croire que tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir M. Pennac en cours.

-Monsieur-

de Daniel Pennac
aux éditions Gallimard
2007

mardi 6 novembre 2007

Les prix littéraires

En France aujourd'hui, comment parler de littérature sans évoquer les prix distribués durant les "mois en R"? Hier a été décerné le prestigieux prix Goncourt à Gilles Leroy, pour son livre "Alabama song" (éd. Mercure de France, filiale de Gallimard) et le Renaudot à Daniel Pennac pour son livre déjà très médiatisé sur sa jeunesse de cancre, "Chagrin d'école"(éd. Gallimard).
Pendant quelques mois, jusqu'en janvier au moins, vous ne pourrez rentrer dans une libraire ou dans un espace livre (pour les adeptes des grandes surfaces et ceux qui n'ont pas d'autres possibilités de trouver des livres) sans tomber irrémédiablement sur une table couverte de "livres à bandeaux". Est-ce bien, est-ce mal? Beaucoup se posent la question de la légitimité de certaines oeuvres à obtenir des prix de renommée nationale, voire internationale. Du même coup, la partialité des jurys est mise en doute.
L'ensemble des acteurs de la chaîne du livre est pourtant d'accord sur un point: un prix comme le Goncourt, le Renaudot, l'Interallié ou le Fémina fait vendre.
C'est un moyen sûr de démultiplier les ventes, et d'atteindre des personnes qui ne liraient pas autrement.
Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de visiter le site de la revue littéraire Lire qui a mené une enquête sur le thème.
Alors, lirez-vous le Goncourt cette année? Pour ma part je pense que oui, un jour peut-être, mais pas tout de suite.
Un conseil, si vous vous posez la même question et ne voulez pas tomber sur une bête médiatique mais sur un vrai bon texte, attendez quelque temps, et écoutez les différentes critiques qui ne manqueront pas de se faire de toutes parts dans les semaines qui vont suivre.

Pour découvrir les autres centaines (voir milliers) de prix décernés tous les ans, je vous ai mis en lien un premier site à visiter qui en relève un très grand nombre et dans lequel vous trouverez un agenda reprenant les différents rendez-vous littéraires de l'année, prix-litteraires.net.

-Madame-