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mercredi 16 avril 2008

Le Montespan

Le marquis de Montespan est le cocu le plus célèbre de l'Histoire de France.
Pour la plupart des hommes de la cour de Louis XIV, se faire pousser les cornes par le monarque divin était à quelque chose près un don de Dieu. Fortune, richesse sous toutes les formes, anoblissement rapide de toute la famille sont les premiers avantages qu'obtiennent les maris "honorés" par le souverain solaire.
Louis-Henri Pardaillan de Montespan n'est pas vraiment de cet avis: partager les beautés et la vaillance nuptiale de son épouse n'est pas pour lui plaire.
Devant l'omnipotence du roi, il tentera un certain nombre de provocations, toutes plus rocambolesques les unes que les autres.
Ainsi les parisiens de l'époque ont vu défiler dans les rues un carrosse peint en noir, surmonté de cornes de cerf aux quatre coins du véhicule.
Les mêmes cornes ont rapidement investi le blason familial, au grand dam du fils du marquis, pour qui la bienséance attendue par le monarque était un devoir pour tous les sujets de sa majesté. Notons que le jeune marquis d'Antin n'avait que trois ans...

Mais qu'en est-il de la radieuse marquise? Celle-ci ne se sent plus de joie, elle vide les caisses de l'Etat aussi sûrement que les attributs du roi (si vous me permettez l'expression).
Le pouvoir et l'or semblent mieux lui convenir que l'heureuse misère du pauvre Louis-Henri, malgré l'amour fou que celui-ci lui voue.

Avec beaucoup d'humour, de poésie et de tendresse pour le courageux cocu, Jean Teulé nous dépeint une histoire bien mieux connue du côté de la sulfureuse (et dangereuse) marquise que de celle de son malheureux époux.

-Madame-

Le Montespan
de Jean Teulé
éditions Julliard
2008

lundi 5 novembre 2007

Darling


Je connaissais Jean Teulé pour ses BD superbes (Copy rêves, Filles de Nuit...), sa gentillesse, ses fous rires, son côté "poète" et ses passages télé.
Et puis un jour, j'apprends qu' il arrête le petit écran pour se mettre à écrire un roman triste, un roman-témoignage. Il nous parle de Darling, une fille "martyre".
Tiens donc!
Je suis un homme, un vrai, le genre de gars qui pleure toutes les dix lignes en lisant le journal du matin. Alors moi, je l'attends au virage: Jean Teulé qui fait dans la tragédie noire ce n'est plus Canal Plus ni l'Assiette Anglaise, c'est le retour à ses débuts!
Foudre! Je n'ai pas été déçu.
J'ai lu Darling à sa sortie, à petites doses, avec de grandes bolées d'air pour respirer parce que... ce livre, c'est un combat:
ou on esquive, ou on encaisse.
Je croyais être costaud, il m'a fallu du temps pour digérer.
[...] Presque dix ans se sont écoulés, je l'ai toujours à la maison, je le regarde régulièrement; je n'arrive pas à le relire mais j'aime le savoir là. Et si je ne le prête pas, je le recommande, avec mille précautions, à des personnes que j'aime, que je connais suffisamment (libre à elles par la suite...).

N.B. Il paraît qu'on y ressent une pointe d'humour, l'humour mêlé de Jean Teulé et de son héroïne. J'ai dû passer à côté; peut-être à cause de mon tempérament, mon côté madeleine. Il faudra d'ailleurs que je prenne exemple sur Darling pour me sortir de cette sensiblerie larmoyante.
En attendant, j'irai sûrement voir le film dans un cinéma désert avec des lunettes noires au fond d'une poche car les extraits m'ont terriblement remué et bouleversé. J'y ai retrouvé l'essence du livre. Quant à Marina Foïs, elle a la force, la foi et le tragique. Elle est Darling. Elle est belle, et ce n'est pas du cinéma.

-Monsieur-

de Jean Teulé
éditions Julliard
Année 1998