Affichage des articles dont le libellé est Albin Michel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Albin Michel. Afficher tous les articles

vendredi 6 novembre 2009

Le Club des Incorrigibles Optimistes

Le Club des Incorrigibles Optimistes en un mot? Délectable.
Il peut sembler impressionnant quand vous le découvrez, là, sur la table de votre libraire... il deviendra pourtant très vite la bulle d'air de votre journée:

À Paris, en 1959, des apatrides venus des pays communistes d'Europe Centrale et de l'Est ont constitué un club d'échecs dans un bistrot du Quartier Latin, le Balto.

Michel, jeune lycéen parisien, va s'immiscer dans leur Club et les écouter parler de leur histoire, de leurs origines et de ce qui les a mené là.
À Paris ils sont pauvres et semblent hors du temps, dépassés par la société. Dans leur pays d'origine ils étaient prince, chirurgien, pilote d'avion ou prof de propagande spécialisé dans l'annulation pur et simple de l'existence des ennemis d'État.
Ils ont dû reprendre à zéro une vie brisée par et pour le communisme, qu'ils aiment ou qu'ils détestent; les discussions politiques pourtant interdites dans leur Club sont fréquentes et animées: les histoires du passé ont souvent la vie dure...
Deux personnages très médiatiques de l'époque fréquente ce club, deux hommes qui ont aidés beaucoup d'étrangers dans leur situation: Joseph Kessel et Jean-Paul Sartre se joignent aux autres membres du club, travaillent dans cette atmosphère feutrée ou fête les grands événements de leur vie.

Michel, lui, subit son époque: entre sa famille affaiblie par une lutte des classes sans merci, un oncle vivant de près la fin de l'Algérie Française et un frère décidé à couper les ponts avec père, mère et copains, un ami parti combattre en Afrique du Nord et une amie aux nerfs fragiles, le Club des apatrides apparaît comme un endroit apaisant...

Passionnant, sans ralenti, le Club des Incorrigibles Optimistes est l'un des meilleurs romans de la rentrée, aux côtés de la Vaine Attente de Nadeem Aslma et de Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé.
À découvrir, donc, et à inclure dans la liste des cadeaux de Noël de vos proches!

-Madame-

Le Club des Incorrigibles Optimistes
de Jean-Michel Guenassia
éditions Albin Michel 2009


dimanche 3 février 2008

Tante Marie/ Ginette Mathiot


Il est des livres d'une austérité à toute épreuve mais que l'on aime avoir chez soi. " La véritable cuisine traditionnelle de Tante Marie " et " La cuisine pour tous " de Ginette Mathiot sont de ceux-ci. Fidèles au modèle original (même rajeuni par l'éditeur), on délaissera les déclinaisons thématiques et les versions illustrées plus avenantes.
Ces bibles nous rassurent et nous guident, on est dans l'affectif, le familial. Ce sont des livres qui se transmettent par tradition, souvent de mère en fille, souvent par mimétisme.
Il n'est pas rare de les voir sur un coin de table, vieux compagnons de route, scotchés, rafistolés, tachés de beurre et de sirop. Ah, on peut dire qu'ils ont vécu!

Quand on parle de racines, de pays, il est des repères qui ne trompent pas:
- " Quoi?! Tu n'as pas ton Ginette Mathiot?! "
- " T'as la cuisine de Tante Marie? "
Il y a deux écoles.
L'attachement à des grimoires aussi dépouillés ne s'explique pas facilement:
-Peu de dessins, des ingrédients, des recettes, un lexique... c'est le dénuement de la simplicité.
-Des menus, du savoir-vivre, des attentions (comme " attendrir un pot-au-feu " ; quel programme!).
-Pas de photos alléchantes (ou dans de rares éditions), pas d'assiettes que l'on allège en proportion égale au porte-monnaie. Ici, on est dans "l'économique" au service du plaisir. Il n'y a pas de sophistication, tout y est simple et nourrissant.
Même les nouveaux médias avec tout leur apport ne peuvent rivaliser.
Ces livres sont de l'ordre du spirituel, de l'humain, des souvenirs qu'on prolonge et qu'on aime recréer.

Il suffit de les ouvrir, les mains pleines de farine, les feuilleter pour parcourir l'histoire, les arts et la géographie...
- " Et votre repas, il ne va pas se faire tout seul? "
- " Laissons-le reposer et profitons-en pour voyager. "
Les odeurs nous parviennent, les paupières se redressent et se plissent, les oreilles frémissent et les papilles s'activent. Que de réjouissances en perspective!
" Vol-au-vent ", " Suprême de perdreaux ", " truites gratinées à la crème ", " potage aux marrons ". Que de poésie, que d'envie! Je salive.

-Monsieur-

de Ginette Mathiot ( Je sais cuisiner)
aux éditions Albin Michel
première édition 1932
de Tante Marie (la véritable cuisine traditionnelle)
aux éditions Taride
première édition 1925 (j'ai une affection particulière pour le visuel présenté ci-dessus)