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vendredi 4 février 2011

Edwarda - n°4 - Madame

Michel Surya : " L'érotique penche du côté d'un autre genre. D'un genre qui est ancien et qui n'appartient pas à la littérature. Qui appartient, tout près, à la peinture :  La vanité. Pure cérébralité, donc. Tout le contraire de ce qu'on croit, donc. "

Edwarda est de retour.
Belle, hivernale, infiniment belle.
 

Une courbe, un regard, une envie de caresse.

Madame est arrivée
si belle et émouvante...

Edwarda nous la présente très bien,
avec des mots superbes et des photos de même.

Un vrai beau travail,
tant au niveau du contenu que de la présentation,
dont on avait aimé parler.


Madame,
vous êtes la femme sans âge et sans attache,
inaccessible, insaisissable et désirable.
Madame.

Une envie de pleurer,
un trop plein d'émotions - littéraires, amoureuses - me submerge.
D'homme, je redeviens fragile.

Madame est une image, une histoire racontée.
C'est les souvenirs d'enfance à l'orée de la vie.
C'est des rêves de lumière qui redressent vos épaules,
une illumination.

Edwarda nous la conte, vous raconte, intensément, si bien,
nous livre des photos.
Le frôlement des yeux...

La beauté des modèles - sublimes et sublimées -
merveilleuses, intouchables.

Madame, vous êtes la retenue dans l'abandon
la fierté du déshonneur
l'arbre dressé dans une forêt de cendre.

Madame
est une femme qui s'éloigne sur le boulevard ensoleillé.
Madame,
c'est le théâtre dans la ville
l'Amour qui fait tenir le coup.


Edwarda 4 Madame, janvier 2011, revue dirigée par Sam Guélini.
La citation de Michel Surya est extraite de l'entretien avec John Jefferson Selve, pages 122-125.

- Monsieur -

jeudi 14 octobre 2010

Edwarda

Edwarda porte son nom en référence à l'héroïne de Georges Bataille, prostituée déifiée par l'auteur.
Edwarda est une revue de lettrés bon chic et mauvais genre parée de photos de demoiselles dévêtues.
Elle en est à son troisième numéro ; le premier était un peu boiteux dans sa forme, un peu léger dans son papier ; une ébauche de ce qui allait devenir cette élégante revue.

Mais, au milieu de tous ces "livres-magazines" aux frontières de l'art et de la mode comment la distinguer ? Comment la retrouver ?
Deux traits de caractère l'élèvent au dessus des autres : la distinction et le propos.

Edwarda est grande, racée, impeccable (peut-être un peu trop). Elle n'a pas besoin d'en faire des tonnes, d'en rajouter : une photo suffit à habiller son titre.

Mais la beauté des formes n'est rien sans un peu d'ombre, de profondeur...


Edwarda se relève après l'acte animal dans la lumière d'un volet entr'ouvert. Elle sort heureuse et apaisée, traverse un jardin sous le soleil d'un automne parisien.
Et la mélancolie nous gagne...


Bonheur de replonger dans la lecture d'auteurs modernes à l'écriture soignée ! Classiques, classieux, mais loin des réflexions égotiques et autres formules creuses qui terrassent le lecteur, les textes sont d'une grande tenue.
De Simon Liberati qui nous tient en haleine sur deux pages à Jean Paul Civeyrac qui libère des propos terrifiants d'Amour (superbe déclaration de possession), Edwarda a tenu sa promesse en frôlant la lisière de l'ivresse, entre érotisme et décadence.
Merci.

Edwarda 3 septembre 2010, revue dirigée par Sam Guelimi.
Edwarda 4.

- Monsieur -