Rupestres ! embarque quelques figures de proue de la bande dessinée contemporaine dans un curieux
voyage : six auteurs aux univers marqués et personnels, six auteurs reconnus pour leur empathie,
leur humanisme, leur quête stylistique
et leur indépendance d'esprit.
Ceux-ci partent en expédition, à la découverte de l'Art des cavernes. Ils racontent.
L'ouvrage a belle allure avec de jolies planches.
Il se lit bien : la structure narrative est fluide, ce qui est une gageure pour ce genre de "cadavre exquis" même s'il est vrai qu'on aurait souhaité un travail plus novateur, un peu plus audacieux, avec une œuvre collective totale, globale, un vrai mélange de traits et de textes plutôt que ces passages de relais entre dessinateurs ; plutôt que ce dialogue de styles (qui se marient toutefois très bien).
Cela dit, s'il n'y avait que ce regret à exprimer, je l'aurais volontiers remisé au fond d'un trou. S'il n'y avait que ça ! Mais, il y a le discours...
atterrant ( ! ), l'impression de suivre une visite guidée où l'on subit les commentaires inutiles et lourdauds de touristes en goguette ; cette impression d'ennui et de gêne pour ceux qui les commettent.
Parfois, c'est vrai, il y a des échappées, du rêve, de l'émotion, on veut encore y croire mais tout s'écroule en quelques pages, on repasse à un autre, on recadre.
Quel gâchis ! Quelle déception de la part d'un tel collectif !
Et Dieu sait pourtant l'admiration que je porte à chacun d'eux !
Alors pourquoi ne donnent-ils qu'un carnet d'impressions ?
Pourquoi cette retenue ?
Pourquoi ne pas aller au fond des choses ?
Dans le même temps, ils s'attardent, ils regardent,
passent de l'incompréhension au doute ; jusqu'à l'admiration même !
Alors pourquoi ?
Pourquoi ne donner que des ébauches de réflexion ?
Pourquoi ne pas pousser l'analyse ?
Pourquoi ne penser qu'en terme d'illustrateur mâle ?
Pourquoi ne penser que par rapport à leur métier et à l'usage du dessin ?
Pourquoi n'élèvent-ils pas le discours ?!
Pascal Blondeaux, dans les Cahiers Dessinés (la merveilleuse revue des éditions Buchet-Chastel), avait livré une explication, une étude délicate et passionnée de l'Art rupestre, l'avait raconté avec tant de talent et de finesse, qu'à côté ces six-là font figure d'innocents.
- Monsieur -
Rupestres ! de Troubs, Pascal Rabaté, David Prudhomme, Marc-Antoine Mathieu, Emmanuel Guibert, Étienne Davodeau aux éditions Futuropolis, 2011.
Petites fiches de lecture pour partager nos coups de coeur et découvertes littéraires.
Affichage des articles dont le libellé est La véritable histoire de Futuropolis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La véritable histoire de Futuropolis. Afficher tous les articles
mardi 3 mai 2011
mardi 12 février 2008
La véritable histoire de Futuropolis 1972 - 1994

C'est l'histoire d'une époque, une ambiance, un passé révolu. La reprise à Paris d'une librairie spécialisée dans la bande dessinée, au 130 rue du théâtre.
Et quel théâtre! On y voit défiler une galerie de premiers rôles admirables et attachants (Robial, Cestac... ) à laquelle vient se joindre une pléiade de seconds rôles sympathiques et réjouissants (Schlingo, Tardi, Baudoin...) sans oublier la pléthore de figurants au caractère bien marqué et souvent bien trempé.
Les acteurs ont des masques (des gros nez). Florence Cestac raconte. Le spectacle peut commencer:
Une bande de copains embarque dans une folle aventure. Ils s'improvisent libraires, éditeurs... qui oserait miser sur de tels amateurs?! Leur petite entreprise manque sûrement de
" professionnalisme ", ils ne courent pas après le profit mais ils ont de l'énergie à revendre, du courage et une passion commune.
Ils " travaillent plus " et se débrouillent au mieux avec les moyens du bord. Quelle frénésie! Quel foisonnement d'idées et de talents! Il flotte au fil des pages un air de comedia dell'arte, d'excitation permanente. On est au cœur de l'humain. La vie rejoint le travail et le travail empiète sur la vie. C'est l'amitié, l'amour et la famille qui fusionnent autour du bel ouvrage, de l'attachement au livre, de la Bande Dessinée. Florence Cestac raconte. 22 ans qui défilent, 22 ans d'une vie, 22 ans d'une " maison ".
Il plane un air de fête qui peu à peu s'épuise. On éteint les lampions. Il reste de l'émotion, des souvenirs...
Futuropolis n'est plus (s'il existe un label, nous parlons d'autre chose). On ne refait pas le passé. On ne regrette rien. Florence Cestac raconte.
-Monsieur-
de Florence Cestac (son expo de camemberts est extra)
aux éditions Dargaud
2007
Libellés :
Bd,
Dargaud,
Florence Cestac,
La véritable histoire de Futuropolis
Inscription à :
Articles (Atom)
